Lundi 14 janvier 2008
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Gâteau
mexicain : [ga
to meksike] gros tas de graisse coloré, à trois étages ou plus, surmonté de personnages en plastique (couple de mariés, révolutionnaire, président, etc.)


PREMIERE COUCHE
 

Moutons, betteraves et tapins

1.


          Faut que je te raconte cette histoire Cousine, tout comme c’est arrivé, parce que j’en peux plus de parler tout seul. Je te jure que c’est la vérité, mais tu me crois que si tu veux, parce que je t’aime.

           Je te dis, de toute façon, ça avait mal commencé.


          Marco, qu'est pas futé depuis tout jeune, il s'y prenait comme un pied. Au lieu de choper les bêtes par le cou, y se marrait et y faisait la brouette avec les pâtes arrière. Les moutons se sont mis à brailler tout ce qu'ils pouvaient. On n'avait pas fini d'embarquer le deuxième que la chevrotine a volé dans la bergerie, un vrai champ de foire. J'ai pris une bête sur mon dos et je me suis jeté à l'arrière dans la camionnette. Des torches s'agitaient dans tous les sens, ça sifflait de partout. Toute la ferme était sur nous. Marco a demarré parce qu'au moins y sait conduire, et on s'est tirés sans demander la TVA.


           En reprenant mon souffle j’ai remarqué comme ça que le mouton, sur mon dos, y bougeait plus. Le patte-à-glue avait achevé son bien à la chevrotine : la pauvre bête m’avait sauvé la vie ! J’avais juste quelques plombs dans le cul.


           Cousine, quand ça a commencé j’étais dans la viande si tu veux savoir.

Grand-père Gino y dit toujours : nous on n’a pas eu Israël, alors on se débrouille comme on peut ; et d’ailleurs, on n’en veut pas de leur connerie de pays. Chante petit.

On est rentrés au camp retrouver la Branche. La darone était pas aux anges. Chez nous on n’appelle pas le toubib, pas qu’on peut pas le payer, mais parce que les docteurs y connaissent rien à nos problèmes, ni comment on les attrape, ni comment on les soigne. C’est la mère qui soigne, surtout mes fesses. Si je m’en sors, elle m’excommunie, si je meurs, elle va tuer le paysan. Le plomb était pas rentré bien loin mais j’allais chier des spaghettis quelques jours. La mère, qui lit dans les cartes et le ciel, elle était toute retournée. Elle a dit comme ça, en sortant les plombs de ma chair meurtrie, qu’ils avaient dessiné des étoiles sur mon cul, la constellation des Gémeaux et que c’était un signe. Elle a dit que Castor et Pollux étaient comme Abel et Caïn, des frères issus du malheur et que j’allais devenir fou entre les ténèbres et la lumière, des tas de trucs comme ça. Elle a parlé d’enfants, de la bête qui dormait en moi, de la connerie que j’avais héritée de mon défunt père et que tout recommençait. Moi je m’y fie pas entièrement aux histoires d’étoiles et de cartes, et tous ces mecs je les connaissais pas. Mais je me suis dis comme ça, bon, ben on verra. J’ai vu, Cousine.

À ce moment-là il aurait fallu changer les portières de la camionnette, qu’étaient pleines de trous ; peut-être même qu’il aurait fallu la revendre tout de suite et partir très loin. Mais voilà, dans deux jours c’était Pâques, et Pâques, dans la viande, figure-toi que c’est un jour important. Cinq moutons que j’avais de commandés pour le lendemain. Je te dis, un fils avec mes talents, c’est du gâchis de le laisser moisir dans ce trou à merde. Mais le grand-père y dit qu’on est plus tranquille à la campagne. Le grand-père il a un tatouage avec des numéros qui dit : traîne pas dans les villes, tu les vois pas venir. Alors on suit le tatouage. Tu parles, ici ils donneraient des juifs plus vite que leurs putains de coins à champignons. C’était un grand roi Gino. Mais comme il dit : le roi se retire à Versailles. Et Versailles, pour lui, c’est la Creuse. Cinq moutons pour demain. Ce con de Marco, il allait les dépecer tout seul les deux qu’on avait ramenés. Reste qu’il en manquait encore trois, et tout le monde palabrait dans la vardine comme quoi on était des bons à rien.

En réfléchissant, je me suis dit que c’était aussi bien de braquer une boucherie, comme ça pas besoin de les dépecer les bestioles, ni de les assommer ni rien. C’est ça que je me suis dis. Et ben j’aurais mieux fait de me casser une jambe. On est repartis aussi sec dans la nuit : les affaires c’est de l’argent et on voulait prouver qu’on était capables. J’avais une démarche de con avec tous ces pansements sur le cul, on aurait dit que j’avais une couche. Je te jure, une équipe comme ça, j’aurais dû m’en douter.

Tu sais Cousine, normalement je parle pas trop, je veux dire pas aux autres. Si on m’appelle Nino c’est à cause d’une professeur d’école, qui m’a pas vu longtemps dans sa classe mais qu’est quand même venue un jour jusqu’au camp pour dire à ma mère que je faisais toujours des soliloques. La mère elle l’a foutue dehors et depuis tout le monde m’appelle Nino, parce que personne s’est jamais souvenu vraiment du mot qu’elle avait dit. Y’avait des i et des o, ça a fait Nino ; et ma mère croit toujours que soliloque c’est un truc dégueulasse qu’on fait tout seul. Depuis elle m’a à l’œil. Chez nous c’est comme ça qu’on attrape les noms, au hasard de la chance.

La Branche, Marco et Nino. Pas un mec sérieux aurait parié sur nous. Et il aurait sauvé son pognon.

À Guéret, y’a presque que ça des boucheries.

La Branche, qu’est maigre comme un clou et à peine moins con que Marco, je dis ça mais c’est mes frères, c’est toujours lui qu’on envoie en premier parce qu’on se dit que du coup il se fait moins remarquer. Et c’est vrai que depuis tout petit il nous a ouvert beaucoup de portes. On est une famille honnête, ça j’en suis sûr. Seulement les temps sont durs pour tout le monde et il faut bien que la jeunesse se tasse. Grand-père Gino dit toujours : ceux qui nous comprennent pas, c’est seulement qu’y pensent pas comme nous. Chez nous, y’a des sages que l’Académie nous envie. Mais pas que. Quand on est ressortis de la boucherie par la porte de derrière, avec nos agneaux sur le dos, y’avait des flics partout. On n’aurait pas dû prendre la camionnette. C’est le Texas là-bas, ils aiment pas qu’on touche à leur viande. Tout ça pour pas plus qu’un RMI ; un truc à te dégoûter du travail, Cousine.

Comme un mouton m’avait déjà sauvé la vie cette nuit-là, j’ai pas lâché celui que j’avais sur le dos et je suis parti en courant, direction l’intérieur de la boucherie. Marco et la Branche sont partis de leur côté et je les ai pas revus depuis. Tout bien réfléchi, si je m’étais fait serrer à Guéret, ça aurait pas été plus mal.

Dans la boutique j’ai balancé l’agneau à travers la vitrine et je me suis envolé. Il m’a pas fallu longtemps pour chauffer une tire. Les frangins ils diraient rien, mais les flics du coin y connaissent bien la famille Valentine. Dans une heure y seraient au camp. De toute façon ils viennent à chaque fois qu’y a un braquage, même quand on est pas là. Bon, cette fois, faut avouer que j’y étais.

Quand la bagnole est tombée en rade d’essence j’étais encore à dix bornes du campement. Versailles ! Un mec dans mon genre, au milieu de la nuit, avec du sang d’agneau plein sur les épaules et des pansements aux fesses, je te jure que j’ai même pas pensé au stop. De toute façon j’ai pas vu passer une voiture en deux heures. Quand je suis arrivé chez nous il était tellement tard que les flics étaient déjà venus et repartis. Les frangins ils étaient au poste, et moi fallait pas que je reste dans le coin. La mère m’a passé un savon en appelant à l’aide, peine perdue, l’âme de notre défunt père assassiné par les forces de l’ordre. Le père, y s’est foutu y’a bien longtemps dans un poteau téléphonique, avec une voiture de sport qu’était pas à lui, un soir qu’il était trop bourré pour voir les chiffres du compteur. Y’avait bien un flic sur le trottoir pour le regarder se foutre en l’air, mais il y était vraiment pour rien. N’empêche que la mère lui en veut quand même, d’avoir rien fait pour empêcher cette peine perdue – un nom qui va bien à mon paternel. Ce jour-là Gino m’avait dit : ton défunt père Nino, il a fait qu’une seule chose de bien dans sa vie, c’est de t’engendrer avant de mourir. Et il avait aussi dit quelque chose à propos de belles pommes qui tombent parfois des arbres morts. J’aime bien le mot engendrer, c’est comme une connerie qui se répète mais qu’on peut pas faire autrement, et ça me fait penser à moi. Qu’est-ce qu’elle en a engendré comme problèmes la mère ! Après le savon elle m’a embrassé sur le front et elle m’a dit d’aller voir Gino. Il m’aime bien le grand-père, mais quand y redevient le roi, y’a parfois des trous qui se creusent dans les jardins de Versailles.

– Petit, tu vas partir chez mon frère à Colombes. Tu resteras là-bas tant que je te rappelle pas. Tes frères sont des crétins, tu dois pouvoir faire mieux. La Chance t’accompagne à la ville, pour que tout se passe bien. Avant de partir, chante petit.

Et c’est comme ça que je suis arrivé à Paris, à cause de Pâques, de Castor et Pollux et des agneaux.

Tout le lendemain je suis resté planqué dans les buissons autour du camp ; le soir, avec la Chance, on a pris une voiture réglo et des petites routes. En fait j’étais content d’aller me mettre au vert à Paris, ici je pensais bien me trouver des projets d’envergure.

            L’oncle Michel, qu’on appelle la Chance, c’est le frère de mon père qu’a le mieux réussi, vu qu’il est pas mort jeune ni allé en prison. La Chance il a plus qu’une dent en façade, une dent qu’est comme un symbole de l’injustice et de l’espoir à la fois, et il est à moitié aveugle ; il dit que c’est une maladie générique mais c’est surtout l’alcool. Il a une tête de pirate qui fomente des mutineries, celui qui finit abandonné sur une île déserte à la fin. Comme chauffeur y vaut rien donc, mais y raconte des histoires pendant les voyages et c’est pour ça qu’on l’emmène toujours. Comme l’histoire des quatorze bureaux de tabac qu’ils avaient braqués en une seule fois avec mon vieux, dans les années de mon enfance. Ils avaient raflé tellement de cartouches de garos qu’ils ont fauché un deuxième fourgon au milieu de la nuit pour transporter la camelote. Ils en avaient des ampoules aux mains à force d’arracher des portes au pied de biche. Un coup de légende, surtout parce qu’ils s’étaient pas fait prendre. Le lendemain mon paternel a fêté ça en beauté, il a picolé comme un trou dans des bars à gadjé et il a piqué une voiture de sport. L’oncle Michel y raconte toujours aussi l’histoire qui fait qu’y s’appelle la Chance. C’est une histoire qu’est comme à son image. Il était dans la ferraille et il avait l’ambition de la jeunesse. Il avait ce plan, un wagon plein de cuivre qu’était dans un dépôt au Bourget, quand y’avait encore des locomotives à charbon, des belles machines à ce qu’il dit. Il était avec toute une équipe. Ils sont rentrés un soir dans le dépôt en assommant le gardien et ils ont été jusqu’au wagon avec un camion. Mais là y’a eu du baroufle, d’autres gardiens et des tas de types en bleus de chauffe qui ont débarqué avec des barres de fer. Les autres ils ont trissé avec le camion et l’oncle il a seulement eu le temps de se cacher dans le wagon de cuivre. Y’en avait pour des millions de ce temps-là, mais il pouvait rien faire tout seul : il était comme devant les portes fermées du paradis. Gino y dit toujours : on s’en fout de comment elles sont les portes du paradis, du moment qu’elles sont ouvertes. C’est une vérité. Les types du dépôt ont pas vu la Chance dans le wagon, mais quand ils ont manœuvré le train à toute allure y’a un rouleau de cuivre qui lui est tombé dessus, ça l’a assommé et ça lui a cassé toutes ses dents de devant, sauf une. Quand y s’est réveillé le train roulait dans la campagne à toute allure. Avec sa dernière dent on s’y croirait quand il fait le train qui siffle dans la campagne ; ça me faisait presque oublier comment j’avais mal aux fesses, assis sur mes étoiles depuis des heures. Dans le train qui sifflait, il a ouvert la porte et toute la nuit il a balancé les rouleaux de cuivre dans les champs, le long de la voie ferrée ; en même temps y crachait des morceaux de dents, des Ardennes jusqu’en Alsace. Quand le train s’est arrêté à la frontière allemande, il a sauté du wagon qu’il avait tout vidé. Dans un bled plein de vignes il a piqué un camion de livraison de vin ; il a bu quelques bouteilles et il a refait le voyage dans l’autre sens. Quatre jours à suivre le chemin de fer par les petites routes, à se planquer la journée et à chercher le cuivre la nuit. Il a pas tout retrouvé bien sûr, mais quand il est arrivé à Paris, il avait assez de cuivre pour se faire faire des dents en or. Un miracle qu’il soit arrivé à Paris sans se faire serrer. Gino il dit aussi : faut être malin pour être Manouche. Mais là c’était vraiment de la chance, ou alors c’est parce que l’oncle était tellement bourré, à force de vider les caisses de vin pour faire de la place au cuivre, qu’il avait fait que des conneries imprévisibles pendant quatre jours. Arrivé à Paris y s’est arrêté dans un bistrot pour appeler la famille. Quand il est ressorti on lui avait chauffé le camion. Plus rien. Depuis, il est alcoolo et il a pas de dents en or, mais il a son nom : Michel la Chance, qu’est un nom surtout important pour le contraste. Parce que la chance, dans la famille Valentine, t’as bien compris que c’est pas ce qu’on a le plus.

Cette histoire Cousine, fallait que tu l’entendes, parce que c’est à cause de ça que tout le reste est arrivé.

On avait passé Orléans quand la Chance a fini de raconter ses deux histoires, qui sont de plus en plus longues avec le temps. On traînait sur une départementale, pas loin de la nationale 20. Je me suis fait du souci un moment pour Marco et la Branche, qui sont pas faits pour la prison vu qu’y savent à peine lire. L’oncle fredonnait une chanson d’amour qui finit mal et une voiture, les feux éteints, a déboulé au milieu d’un virage que j’avais pas vu venir du fond de ma rêverie. J’ai braqué comme j’ai pu et on s’est foutu au fossé, qu’est quasiment le seul relief de la région. Avoue que y’a un truc qui court dans la famille, parce que les virages, dans la Beauce, faut les trouver. Ça se trouve c’était le seul de toute cette route. Y’a eu un grand choc et un bruit de ferraille. Quand j’ai rouvert les yeux le moteur fumait dans la lumière d’un phare qui s’en était sorti, et la voiture était à moitié enterrée dans un champ de betteraves. J’ai repris mes esprits et j’ai tâté la Chance pour voir s’il était entier. Il a baragouiné des insultes à mon encontre, et il a dit comme ça qu’il avait pété sa dernière dent, celle qu’avait survécu à tant de malheurs. Il l’a retrouvée en tâtonnant, plantée dans le tableau de bord. Finis les trains qui sifflent.

La Chance sans sa dernière dent. Ça nous a inquiétés. Plus que d’être comme des cons sans voiture au milieu de la nuit et de la Beauce. J’ai tiré l’oncle de la voiture et on s’est mis en marche en jurant sur l’autre chauffard, sa descendance et ses ancêtres. La Chance il était pas bien en forme et y parlait à sa vieille dent dans le creux de sa main. Y tournait pas rond, comme si toute sa raison avait été arrachée avec la racine de son chicot pourri. Je me suis dis qu’y fallait réfléchir à une solution. On n’avait pas fait deux cents mètres après le virage qu’on est tombés sur une autre voiture dans le fossé, qu’était encore toute chaude. Une 205, sur le bas côté, toute seule dans la nuit.

On s’est approchés doucement. J’ai ouvert la portière et le plafonnier s’est allumé. Je te jure Cousine, dedans y’avait une femme qu’était morte, la tête salement éclatée sur le volant.

Aussitôt y’a une alarme qui s’est déclenchée et j’ai reculé dans un réflexe naturel. Surtout qu’elle était pas belle à voir la femme, et que ça m’a donné de l’élan. L’alarme elle hurlait comme si elle était à moitié cassée. La Chance il a ouvert la portière arrière et y s’est penché entre les sièges. Il en est ressorti avec un truc dans les bras, un tas de couvertures qui faisait un bordel pas possible. Parfois, réfléchir, ça suffit pas à tout comprendre.

Quand un manouche qui s’appelle la Chance garde une seule dent pendant cinquante ans, et que le jour où il la perd y trouve un môme orphelin : faut commencer des pèlerinages. Pour te dire, on n’avait même plus le coeur à jurer des saloperies. Y s’est aussitôt mis à tomber des cordes sur cette campagne de misère.

On s’est abrités dans la 205, serrés tous les deux sur la banquette arrière, avec le bébé qui réclamait très fort le lait de sa mère qu’était déjà tout froid. La Chance, en postillonnant sur le gamin, il m’a dit comme ça : Nino, cet enfant il a même pas six mois et il a une bosse sur la tête, il faut lui trouver à manger très vite petit.

Le vieux, tout de suite, il a commencé à chanter des histoires de gitans au gamin. J’ai fouillé la voiture mais y’avait rien pour le nourrir ce tscholes, dans le coffre non plus. Pas le choix. Je suis parti en courant sous la pluie. Des bornes de soliloque, avec mes pansements au cul qui me tombaient dans les santiags. Pas de doute, c’était une cavale bien dans la tradition Valentine.

Je suis arrivé sur les genoux dans un bled qui sentait l’élevage de poulet mouillé. On aurait dit qu’y avait eu un exode de la population, tellement le village était désert et sans lumière. J’ai braqué la pharmacie. Je te jure, c’est seulement parce qu’elle était fermée. De toute façon elle aurait pas résisté à un boy scout sans moralité, une vraie négligence cette boutique. Comme y’avait pas beaucoup d’autres solutions, j’ai aussi piqué la Xantia qu’était garée devant. J’ai balancé sur le siège passager les biberons, le lait en poudre, des désinfectants tout ça, et une bouteille d’eau et des petits pots. J’ai mis le chauffage à fond et je suis retourné à l’accident.

Dans la 205 y’avait une sale odeur de pieds. Le môme était tout à poil et braillait comme un fou. Il s’était échappé des couvertures et des bras de la Chance, lui qu’avait l’âge d’être grand-père mais qu’avait jamais eu d’enfants. La Chance, il était raide comme la justice. Il avait un beau sourire édenté, mais des yeux épouvantés pleins de questions sur la mort : comme si, avant de partir, il avait reçu en même temps une bonne et une mauvaise nouvelle. Y’avait sans doute pas que sa raison dans sa dent, faut croire qu’y’avait aussi ses dernières forces.

Je te dis, la chance, c’est que du contraste dans la famille Valentine.

            J’ai le cœur qui s’est serré comme un cadenas dans une pince monseigneur. Et la tristesse m’a fait faire des trucs que je comprends toujours pas bien. Mais sur le moment j’ai pas trop pensé. Surtout que le môme hurlait dans mon cerveau, juste là où j’avais besoin de réfléchir, et que ça me fissurait les idées. Je l’ai mis dans la Xantia, enroulé dans ses couvertures. J’ai été jusqu’à notre voiture plantée dans le fossé, pour récupérer des outils dans le coffre. J’ai arraché nos plaques, que j’ai remises sur la Xantia du pharmacien. J’ai aussi démonté celles de la 205. Là j’étais en pleine crise de logique, mais après, et ben j’ai fait une de ces choses que je m’explique toujours pas. Sur le coup je me suis juste dit que c’était une bonne chose à faire. […]

Par Toute Latitude - Publié dans : Premiers chapitres
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Commentaires

Cet extrait de ce nouveau roman me plaît beaucoup et il me tarde bien de connaître la suite des évènements !!! Vivement que je le lise et vivement le prochain !!!
Commentaire n°1 posté par Laher le 19/04/2008 à 23h49
Je lirai sans doute le roman, j'en suis curieuse. Par contre pour une présentation sur internet, attention aux fautes d'orthographe, ça peut rebuter ! Bravo et bonne continuation.
Commentaire n°2 posté par caroline le 04/02/2008 à 19h33

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